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Dans les quatorze fascicules qui constituent le corps de notre ouvrage. La Lomagne, sous-titré : La vie d'un pays occitan à travers un millénaire, nous avons parlé de la Lomagne en général. Le rôle de chaque commune, ancienne paroisse ou seigneurie n'ayant pas été le même explique que nous nous soyons attardé sur telle ou telle plus qu sur d'autres. Aussi fallait-il pour rattraper ces inégalités de traitement réaliser un fascicule supplémentaire qui est devenu un volume, le présent Dictionnaire des communes, anciennes communes, paroisses, seigneuries et terroirs de Lomagne, afin de mettre à la portée du public les informations qui n'avaient pas trouvé place dans les divers chapitres . Nous y faisons des renvois fréquents.

Nous ne nous sommes pas contentés d'établir une notice pour chacune des communes actuelles, nous en avons aussi consacré à chacune des anciennes communautés ou paroisses, afin de les replacer dans le contexte qui était le leur lorsqu'elles avaient une existence officielle. Nous avons recensé le plus grand nombre possible de seigneuries ; elles jouèrent un rôle d'importance inégale et leur possesseurs sont parfois illustres, d'autre peu connus et quelquefois complètement ignorés. Enfin, nous avons rassemblé quelques noms de terroir très anciens dont certains survivent encore. Ils sont d'origine différente, soit le territoire d'une ancienne villa gallo-romaine comme Calcassac ou Comelhon, soit une possession préféodale comme le Bouzet, lorsqu'elle n'est pas plus obscure comme Auriol ou Oriol que nous trouvons dans la boucle de la Garonne, vers Saint-Nicolas, mais aussi à Poupas... Nous pensons ainsi avoir ainsi réalisé un inventaire assez complet du territoire lomagnol. Jusqu'ici, la plupart de ces noms que l'on retrouve sur les cadastres et les cartes 1 .G .N . n'évoquaient pas grand chose pour vous ; à présent ils seront chargés d'un peu plus d'histoire et d'humanité.

Les communes et les paroisses ont été des cellules vivantes dans lesquelles s'est moulé notre mode de vie et de penser. Leurs divisions territoriales primitives se retrouvent encore sur les anciens cadastres. La rupture de société, pour ne pas dire l'effondrement, à laquelle nous assistons va nous obliger à rechercher nos racines pour mieux repartir. Aussi est-il nécessaire que les générations futures aient des points de repère, connaissent le passé dont elles sont issues et avec lequel, inconsciemment, elles conserveront de fortes attaches. Certaines de ces communautés ont pratiquement disparues et beaucoup d'autres s'étiolent au point de se demander ce qu'elles seront devenues dans quelques décennies. Ce qui reste de population dans chacune d'elles s'oppose pourtant avec énergie à toute fusion ou annexion, voulant conserver son identité.

Si l'implantation humaine se faisait aujourd'hui en Lomagne, il n'y aurait probablement pas soixante dix communes, et nous ne comptons pas celles qui ont disparu ni les hameaux qui avaient l'importance de villages, ce qui porterait le nombre
d'agglomérations à, au moins, une centaine, mais à peine une dizaine. Les fondateurs n'auraient sans doute pas recherché les hauteurs difficiles d'accès où nos ancêtres les établirent. Le paysage en serait modifié d'autant plus que les fermes seraient encore plus clairsemées qu'elle ne le sont aujourd'hui. Seulement, il n'est pas possible à nos technocrates, malgré diverses tentatives, de rayer d'un trait mille ans d'histoire dont nous sommes fortement imprégnés.

Pour chacune de ces notices, nous avons rassemblé le maximum d'informations ce qui a été parfois difficiles pour certaines. En Lomagne tam-et-garonnaise, François Moulenq, avec ses Documents historiques, même si ce travail est aujourd'hui dépassé,
nous a beaucoup aidé car il a puisé dans des archives souvent disparues ou difficile à retrouver. Il n'y a pas d'équivalent en Lomagne gersoise mais nous remercions Me Lamarque, aujourd'hui décédé, notaire à Fleurance, de nous avoir permis des consulter la riche documentation qu'il avait rassemblé. Les enquêtes diocésaines (1840) et administratives (1854), les Statistiques de l'arrondissement de Lectoure (1841), comme le texte des coutumes, nous ont apporté des éléments appréciables. Et puis, il y a les renseignements que nous avons glané pendant plus de quarante années de lectures, de recherches dans les archives et d'enquêtes sur le terrain.

Les notices sont documentées, mais nous avons voulu une présentation claire, sous forme d'une quinzaine de rubriques, afin que le lecteur puisse s'y retrouver facilement. Nous avons attaché de l'importance à la formation de l'agglomération et à
l'agencement du territoire communal. Des extraits de la carte Cassini (XVIIIe siècle) attestent de l'existence de communautés féodales, religieuses ou administratives aujourd'hui bien oubliées. Des plans anciens ou des reconstitutions donne une idée du bourg ou du village lorsqu'il s'est formé. Des photographies souvent inédites, de sites ou de monuments méconnus, complètent la documentation iconographique.

Au fil des années, le passé le plus lointain s'efface et nous avons voulu que, de la plus modeste communauté lomagnole, microscopique fourmilière humaine à l'échelle de la planète, on conserve la mémoire.





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