Les Cahiers de la Lomagne N°20
Le hasard des recherches nous amené à
la découverte d'un manuscrit conservé
à la Bibliothèque municipale de Toulouse.
Ce sont les « Mémoires de la jeunesse
de Guillaume Marie Ayral » écrites
en 1793, alors qu 'il était aux armées,
à Ax dans le département de l 'Ariège.
D'origine rouergate, le grand-père de Guillaume
Marie, cadet et désargenté, partit
chercher fortune. Il se dirigea vers les pays de
la moyenne Garonne. Arrivé à Saint-Nicolas-de-la-Grave,
il fut surpris de se trouver dans un important centre
drapier - au XVIIIe siècle, on y dénombrait
une dizaine de maîtres manufacturier - et
il se lança dans le commerce des toiles.
En
peu de temps, il grossit son petit pécule
que l'on pouvait désormais qualifier de fortune.
Il acheta des biens fonciers, jusqu 'à des
seigneuries et des charges pour ses enfants.
Comme souvent les fils de riche, Guillaume Marie
Ayral aura une jeunesse désœuvrée
plus propice au vice qu 'à la vertu.
Comme le constate Marie Christine Peyronne, «Heureusement
pour lui, quelques qualités viennent compenser
ses graves défauts. » Un certain goût
pour la culture lui fera lire de nombreux ouvrages
de la bibliothèque de son père développant
ses connaissances historiques et formant son esprit
critique. Il a lu des écrivains tels Diderot,
Voltaire et Jean-Jacques Rousseau; ce dernier n'ayant
pas manqué'd'inspirer et d'influencer notre
jeune écrivain pour son récit.
Ses réflexions sur la politique monarchique,
son intérêt pour la guerre d'indépendance
d'Amérique, ses critiques par rapport à
la religion le pousseront à adhérer
aux idées nouvelles. Soldat au régiment
du Maine lorsque éclate la Révolution
, il n'émigré pas et se déclare
citoyen français; on le retrouve colonel
de la Garde Nationale de Sérignac. Il s'engage
volontairement comme Dragon de la ville de Toulouse
et devient capitaine du quatrième bataillon
de la Haute-Garonne et, en 1793, .il est grenadier
du
septième bataillon de ce département.
Cet esprit pour les idées nouvelles ne lui
est pas propre car on les retrouve chez son oncle
Bernard Louis qui participa à la guerre d'indépendance
américaine, fut maire et commandant de la
Garde Nationale, créa une Société
populaire à Saint-Nicolas ; élu député,
il vota la mort de Louis XVI.
Guillaume Marie Ayral après une jeunesse
désœuvrée, fera une brillante
carrière militaire et conservera son goût
de l'écriture. Il publiera des ouvrages à
caractère militaire, historique mais aussi
littéraire. Il terminera sa carrière
et sa vie loin de Bonneville et de la Lomagne, au
Royaume de
Naples.
Nous tenons à remercier vivement Marie Christine
Peyronne pour la préparation et la présentation
de ce manuscrit
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